Burn To Be Alive : bien plus qu’une exposition
Retour sur Burn to Be Alive, mon exposition artistique autour du burn-out et de la reconstruction, et sur les rencontres et projets qu’elle a fait naître.
Une série née d’un besoin de dire
Quand j’ai commencé à peindre cette série, c’était avant tout pour exprimer tout ce par quoi j’étais passée et qui semblait ne pas exister aux yeux de mon entourage familial.
Je rappelle qu’un burn-out, ce sont des symptômes invisibles pour les autres, alors qu’intérieurement, on est en plein chaos émotionnel.
J’avais besoin d’expliquer à mes parents ce que j’avais vécu, parce qu’ils n’avaient pas vraiment compris. Issus d’une autre génération, pour laquelle la valeur travail prime parfois sur la santé mentale, ils ne comprennent pas forcément le monde du travail actuel… même s’ils sont toujours en activité à leurs âges respectifs de 75 et 76 ans ! Oui, oui, vous avez bien lu !
Cette série est donc née de cette nécessité : mettre des images sur ce que je n’arrivais pas forcément à expliquer avec des mots.
Quand les visiteurs se reconnaissent dans mes tableaux
Pendant ce mois d’exposition à la Maison de la Forêt, j’ai vu des visiteurs venir spécifiquement pour découvrir Burn to Be Alive. Et puis il y a eu ceux qui sont arrivés ici un peu par hasard, au détour d’une balade en forêt.
Certains sont repartis les larmes aux yeux parce que quelque chose les avait traversés. Une image, une émotion, un souvenir… comme un écho à leur propre histoire, qu’ils aient vécu un burn-out ou non.
C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience que cette exposition était peut-être plus importante qu’elle n’en avait l’air.
J’avais peint mon histoire, mais elle résonnait avec celle des autres.
J’avais mis des mots et des images sur les maux d’une société dans laquelle, parfois, plus personne ne s’écoute vraiment.
Je remarque souvent, lors de conversations, que les gens s’écoutent parler davantage qu’ils ne conversent réellement avec les autres. Pourquoi ? Ont-ils besoin de se rassurer ? De vérifier qu’ils rentrent bien dans les cases ?
Oui, mais voilà : quand on a bien coché toutes les cases et qu’un jour tout nous pète à la figure, on perd ses repères. On ne sait plus quelles sont nos valeurs. Tout notre écosystème est chamboulé.
Et c’est peut-être aussi cela que j’ai cherché à raconter avec Burn to Be Alive.
Parler du burn-out autrement
Pendant la préparation de mon vernissage, j’ai envoyé des invitations à des professionnels de santé spécialisés dans le domaine, mais aussi à l’association Les Ailes de soi, avec une envie bien précise : sensibiliser à ce que l’on traverse pendant un burn-out.
Mais concrètement : qu’est-ce qu’on fait pour les personnes pendant ?
Plusieurs adhérents et membres de cette association sont venus découvrir l’exposition. Certains sont repartis en me livrant leur propre parcours.
Ce sont des discussions très intimes. Après une telle épreuve, on se sent parfois blessé, fragilisé.
Et je peux vous dire que toutes les personnes qui passent par là et qui s’en sortent, même un peu bancales, sont allées chercher en elles des ressources qu’elles n’imaginaient même pas posséder.
Chaque parcours est différent, parce que chaque burn-out a son histoire. Mais là où nous nous rejoignons, c’est sur certaines étapes que nous traversons, même si nous ne les vivons pas tous de la même manière.
Une exposition à vivre aussi avec les oreilles
Le jour du vernissage, il y avait des amis, de la famille, des connaissances, des inconnus… et j’avais proposé une immersion sonore.
La musique a fait partie de mon parcours de reconstruction, même si, à un moment donné, le silence a aussi été nécessaire.
La musique fait partie de ma vie. Elle est comme la bande sonore d’un film : elle active chez moi mes émotions, ma rage, mon envie de me dépasser…
Ce jour-là, un voyage sonore était proposé aux visiteurs, adapté à la circulation dans l’exposition.
Les instruments, bols tibétains, bâtons de pluie, gong, carillons apportaient une dimension presque méditative à la déambulation entre les œuvres et à la lecture des textes qui accompagnaient chacune des toiles.
Je voulais que l’exposition puisse se regarder, mais aussi se ressentir.
“J’ai bluffé mon entourage sur ce que j’ai montré ! ”
Je crois que c’est l’une des choses que je retiendrai le plus de cette exposition.
J’ai été très touchée par tous les bons retours que j’ai reçus sur ce que j’ai montré et partagé.
C’est mon exposition la plus intime.
Et je dirais à ceux qui ne comprennent pas toujours ce qu’est l’art que, pour moi, c’est avant tout transmettre des émotions au public et ouvrir le dialogue sur des sujets.
Un peu comme lorsqu’on regarde un film, finalement. On ressent des émotions : le frisson, la peur, la tristesse, la joie…
La peinture peut aussi provoquer tout cela.
Il n’est pas toujours nécessaire de chercher à comprendre. On peut simplement ressentir.
À quoi cette toile me renvoie-t-elle en tant que spectateur ? Pourquoi suis-je ému devant cette image ? À quelles émotions ou à quels moments de ma vie cela me renvoie-t-il ? Qu’est-ce que cela évoque en moi ?
Tout cela est profondément personnel.
Et j’ai adoré converser avec les nombreux visiteurs venus découvrir l’exposition pendant ce mois de juin à la Maison de la Forêt, à Montamisé.
Mes carnets ont aussi trouvé leur place dans l’exposition
Le jour du vernissage, j’avais également préparé une table pour montrer mes carnets.
Là encore, les visiteurs ont été emportés.
Il y a ceux qui m’ont confié avoir retrouvé l’envie de se remettre à dessiner. Ceux qui m’ont dit : « Waouh, il faut en faire quelque chose ! »
Bref, là encore, j’ai eu l’impression que ceux qui sont censés me connaître découvraient une partie de moi pour la première fois.
Ce qui me paraît parfois évident ne l’est peut-être finalement pas pour les personnes qui me sont proches.
J’ai même parfois eu l’impression que les inconnus avec qui j’ai discuté me comprenaient davantage que certaines personnes qui me côtoient régulièrement.
C’est étrange comme sensation, non ?
Quand j’ai décidé de faire parler de mon exposition
Je voulais faire parler de mon exposition.
Alors je suis allée sur LinkedIn et j’ai demandé en contact le rédacteur en chef du 7 à Poitiers, Arnault Varanne.
Parce que… qui ne tente rien !
Nous avons finalement passé une heure et demie à parler de mon parcours, de ce que j’avais traversé, de la vie, de l’avenir…
Et cette conversation a donné lieu à un très bel article que je suis heureuse de vous partager ici. Vous pouvez le consulter via ce lien il se trouve à l’avant dernière page du magazine
Une exposition terminée, mais pas vraiment terminée
L’exposition Burn to Be Alive est aujourd’hui terminée.
Les œuvres ont quitté les murs de la Maison de la Forêt, mais j’ai le sentiment qu’elles ont continué leur chemin dans les personnes qui les ont regardées, questionnées et ressenties.
Et finalement, c’est peut-être cela que je cherche à faire avec mon art : créer des images qui provoquent quelque chose.
Une émotion. Un souvenir. Une question. Parfois même une conversation.
Burn to Be Alive était mon histoire.
Je découvre qu’elle peut aussi devenir, le temps d’un regard, un petit morceau de celle des autres.
Et depuis que j’ai décidé de me révéler vraiment au monde, il se passe tout un tas de choses.
Mais ça, je vous en parlerai dans les prochains articles…
À suivre : Je suis partie en formation à la maison des créateurs en Charente, ma résidence d’artistes de fin juillet, puis un nouveau projet qui me tient particulièrement à cœur : l’écriture de mon ebook avec la Maison Bundle.
Ce n’est que le début de l’aventure !
